En 20 secondes
- Définition
- La moyenne des N dernières clôtures, recalculée à chaque nouvelle bougie. Elle trace une courbe lissée sur le graphique.
- Calcul
- Simple : la somme des N clôtures divisée par N. Exponentielle : plus de poids aux dernières clôtures.
- Ce qu’elle raconte
- La direction récente du prix, avec du retard. Plus N est grand, plus la courbe est lisse et plus elle réagit tard.
- Croisement
- La moyenne rapide passe au-dessus de la lente, ou sous elle. Sur cinq ans de Bitcoin en 4 heures, il n’a pas fait mieux que le hasard.
- Piège
- Prendre une description du passé pour une prévision.
Une moyenne mobile ne prévoit rien. Elle résume. À chaque bougie, elle refait la moyenne des dernières clôtures, et la courbe obtenue montre où le prix se tient, sans le bruit de chaque bougie.
C’est l’indicateur le plus répandu, et le plus simple à calculer. On lui prête beaucoup : croisements « en or », supports qui suivent le prix, tendances confirmées. J’ai mesuré sur cinq ans de Bitcoin ce qui tient de tout cela.
Cette fiche décrit une méthode d’entraînement, pas un conseil en investissement. Le trading comporte un risque élevé de perte en capital.
La calculer
La moyenne mobile simple additionne les N dernières clôtures et divise par N. Sur cinq clôtures de 100, 102, 101, 104 et 103, elle vaut 510 ÷ 5 = 102. À la bougie suivante, la plus ancienne clôture sort, la nouvelle entre, et on recalcule.
La moyenne mobile exponentielle donne plus de poids aux dernières clôtures. À chaque bougie, elle avance d’une fraction de l’écart entre la nouvelle clôture et sa valeur précédente. Cette fraction vaut 2 ÷ (N + 1), un peu moins d’un dixième pour une moyenne sur 20 bougies. Elle réagit plus vite que la simple, et suit aussi davantage le bruit.
On les note souvent MM20 ou MM50, et MME pour l’exponentielle (EMA en anglais). Les réglages les plus suivis sont 20, 50, 100 et 200 bougies. Aucun n’est meilleur que les autres : le bon réglage est celui que tu gardes d’un graphique à l’autre.
La lire
- La moyenne rapide, sur peu de bougies : elle colle au prix.
- La moyenne lente, sur davantage de bougies : elle lisse plus et réagit plus tard.
- Le croisement : la rapide passe au-dessus de la lente.
- Le prix au-dessus des deux moyennes : on parle de tendance haussière.
- Le repli : le prix revient toucher la moyenne rapide.
Trois lectures reviennent dans les manuels. La position du prix d’abord : au-dessus de ses moyennes, il monte depuis un moment ; en dessous, il baisse ; entre les deux, il hésite. Le croisement ensuite : la rapide qui passe au-dessus de la lente fait un croisement haussier, appelé « croix dorée » pour les moyennes 50 et 200 en journalier, et « croix de la mort » dans l’autre sens. La pente enfin : une moyenne qui monte décrit une hausse, une moyenne à plat un marché sans direction.
Ce que disent 5 ans de Bitcoin
J’ai pris les deux moyennes exponentielles que trace TradaZen, sur 20 et 50 bougies. Après chaque croisement, chaque position du prix et chaque repli, le prix est-il allé dans le sens annoncé six et douze bougies plus tard ? Sens annoncé : plus haut après un cas haussier, plus bas après un cas baissier.
| Après… | Cas | Sens annoncé à 6 bougies | Sens annoncé à 12 bougies |
|---|---|---|---|
| croisement haussier (20 au-dessus de 50) | 102 | 45,1 % | 55,9 % |
| croisement baissier | 103 | 44,7 % | 49,5 % |
| prix au-dessus des deux moyennes | 4 840 | 49,3 % | 50,9 % |
| prix sous les deux moyennes | 4 575 | 45,8 % | 46,6 % |
| repli sur la moyenne 20, en hausse | 272 | 53,7 % | 54 % |
| repli sur la moyenne 20, en baisse | 247 | 49,4 % | 46,2 % |
| n’importe quelle bougie, prix plus haut (référence) | 10 844 | 51,1 % | 51,5 % |
| n’importe quelle bougie, prix plus bas (référence) | 10 844 | 48,9 % | 48,5 % |
Méthode : BTC/USDT, bougies de 4 heures, données publiques de Binance, du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2025. Moyennes exponentielles sur 20 et 50 clôtures, calculées comme dans l’app. Repli en hausse : la moyenne 20 est au-dessus de la 50, le prix clôture au-dessus de la 50, la mèche touche la moyenne 20 et la clôture finit au-dessus ; la bougie d’avant ne la touchait pas. Repli en baisse : le miroir. Chaque bougie au-dessus ou sous les deux moyennes compte comme un cas. Marge du hasard à 95 % : environ 10 points sur les croisements, 6 sur les replis, 1,5 sur les positions du prix, 1 sur les références. Données passées : elles ne préjugent pas de l’avenir.
Les moyennes n’ont pas annoncé la suite. Les croisements font jeu égal avec une bougie quelconque, à la marge près, et leur écart change de signe entre six et douze bougies. Le repli sur la moyenne 20 en hausse fait deux à trois points de mieux que la référence, bien en dessous de la marge. La cassure de la moyenne 50 par une clôture n’a pas fait mieux : 47,1 % dans le sens annoncé à six bougies vers le haut, 46,6 % vers le bas, sur 410 cas chacune.
Un résultat va même contre l’idée reçue. Quand le prix clôturait sous ses deux moyennes, il était plus haut six bougies plus tard dans 54,2 % des cas, plus souvent qu’après une bougie quelconque. Ces bougies se suivent et se ressemblent, donc l’écart est un peu moins sûr que sa marge ne le dit. Sur cette période, rester sous ses moyennes n’a pas annoncé une suite à la baisse.
L’explication tient au calcul. Une moyenne est faite de prix passés : quand elle croise, le mouvement qu’elle résume a déjà eu lieu.
Les croix dorées sur les moyennes simples 50 et 200 en journalier sont trop rares pour être comptées : cinq en cinq ans, et six croix de la mort. Aucun pourcentage sur si peu de cas ne voudrait dire quelque chose. C’est un indice, pas une règle.
Ce qu’une moyenne fait bien
Elle te dit dans quel décor tu entres. Acheter un marché qui reste sous ses moyennes depuis des semaines, c’est acheter contre le mouvement récent. Rien ne l’interdit, à condition de le savoir. Elle te montre aussi quand le prix s’est beaucoup éloigné de sa moyenne. Le mouvement est alors avancé, et ton stop, s’il doit aller sous le dernier creux, sera loin.
Pour le reste, la décision t’appartient : un niveau où ton idée devient fausse, une cible, un ratio risque/rendement qui vaut le coup, une taille calculée à partir du stop.
La lire avec méthode
- Choisis tes réglages une fois et garde-les. Changer de moyenne jusqu’à en trouver une qui « marche » sur le graphique passé, c’est ajuster le passé.
- Nomme la situation : prix au-dessus des deux moyennes, en dessous, ou entre les deux.
- Cherche un niveau où ton idée devient fausse : un creux, un sommet, un support ou une résistance.
- Pose ton stop derrière ce niveau, pas derrière la moyenne, qui bouge à chaque bougie.
- Vérifie le ratio et la taille, avec la règle des 1 %.
- Note la décision dans ton journal, avec la situation nommée.
Les erreurs fréquentes
- Acheter un croisement sans regarder où se trouve le stop logique. Quand les moyennes croisent, le prix a souvent déjà bien monté.
- Empiler les moyennes. Quatre ou cinq courbes finissent par se contredire, et l’une d’elles donne toujours raison.
- Traiter la moyenne comme un mur. Le prix la traverse sans cesse, surtout quand le marché n’a pas de direction.
- Oublier le retard. En journalier, une moyenne sur 200 bougies réagit avec des semaines de décalage.
T’entraîner à lire les moyennes
Dans TradaZen, l’unité « Suivre la tendance » trace les moyennes 20 et 50 sur de vrais graphiques. Sur les deux premières leçons, l’app les nomme et donne la lecture : « Le prix au-dessus des deux moyennes : la tendance monte. En dessous : elle descend. » À la troisième, elle ne laisse que les courbes. À la quatrième, plus rien. L’unité « Le repli » fait de même avec le retour sur la moyenne 20.
Les moyennes y servent à nommer la situation, puis s’effacent. La question reste : « Où va le marché ? » Tu choisis Long, Short, ou « Je reste dehors », l’app pose le stop et la cible, et le marché révèle la suite, sur un solde fictif. Pour en savoir plus, lis la page sur le simulateur de trading.
Questions fréquentes
Quelle moyenne mobile utiliser en trading ?
Les plus suivies portent sur 20, 50, 100 et 200 bougies. Aucune n’est meilleure en soi : une moyenne courte suit le prix de près, une longue décrit le mouvement de fond. Choisis-en une ou deux et garde-les, pour que tes lectures restent comparables.
Quelle différence entre moyenne mobile simple et exponentielle ?
La simple donne le même poids à chaque clôture de la période. L’exponentielle pèse davantage les dernières : elle réagit plus vite aux changements, et suit aussi davantage le bruit. À réglage égal, l’écart entre les deux reste faible.
Que veut dire un croisement de moyennes mobiles ?
La moyenne rapide passe au-dessus de la lente (croisement haussier) ou sous elle (croisement baissier). Il dit que les derniers prix sont plus hauts, ou plus bas, que les plus anciens. Sur cinq ans de Bitcoin en 4 heures, avec les moyennes 20 et 50, le prix n’est pas allé dans le sens du croisement plus souvent que le hasard.
C’est quoi la croix dorée ?
Le passage de la moyenne 50 au-dessus de la moyenne 200, en journalier ; l’inverse s’appelle la croix de la mort. Sur le Bitcoin, de 2021 à 2025, il y a eu cinq croix dorées et six croix de la mort. C’est trop peu pour mesurer quoi que ce soit.
Une moyenne mobile peut-elle prédire le prix ?
Non. Elle est faite de prix passés et arrive en retard par construction. Elle aide à décrire la situation, pas à deviner la bougie suivante.
Mehdi Azizi a créé TradaZen et l’a publiée sur l’App Store avec son studio Devoria. Les scénarios de l’app sont de vrais graphiques passés, jamais des données inventées.
TradaZen est un outil d’entraînement : les parties se jouent sur des données de marché passées, avec un solde fictif. Ce n’est ni un courtier ni un conseil en investissement. Le trading réel comporte un risque de perte en capital.

