En 20 secondes
- Définition
- Des niveaux tracés entre le creux et le sommet d’un mouvement net, à 23,6, 38,2, 50, 61,8 et 78,6 % de sa hauteur.
- Origine
- Les rapports 0,382 et 0,618 viennent de la suite de Fibonacci. Le 50 % n’en vient pas : il s’est ajouté par habitude.
- Tracé
- Du creux au sommet pour un repli dans une hausse, du sommet au creux pour un rebond dans une baisse.
- Ce que j’ai mesuré
- Sur cinq ans de Bitcoin, les réactions du prix n’ont pas été plus nombreuses près des trois niveaux qu’à côté.
- Piège
- Choisir le mouvement après coup, jusqu’à ce qu’un niveau tombe pile sur le creux.
Le retracement de Fibonacci est l’un des outils de tracé les plus répandus. Tu choisis un mouvement net, tu tires l’outil du creux au sommet, et le graphique se couvre de lignes : 38,2 %, 50 %, 61,8 %. L’idée est qu’un repli s’arrête souvent sur l’une d’elles.
J’ai cherché si le prix réagit plus souvent sur ces niveaux que sur les prix voisins. Sur cinq ans de Bitcoin, la réponse est non. La méthode a des limites, et je les donne avec les chiffres.
Cette fiche décrit une méthode d’entraînement, pas un conseil en investissement. Le trading comporte un risque élevé de perte en capital.
D’où viennent les niveaux
La suite de Fibonacci commence par 0 et 1, puis chaque nombre est la somme des deux précédents : 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89. Plus on avance, plus le rapport entre deux nombres voisins s’approche de 0,618 : 55 ÷ 89 = 0,618. Un nombre divisé par celui qui le suit de deux rangs donne 0,382 : 34 ÷ 89 = 0,382. Le 23,6 % vient d’un saut de trois rangs : 21 ÷ 89 = 0,236.
Le 50 % ne vient pas de la suite. Il s’est ajouté parce qu’un repli de la moitié d’un mouvement parle à tout le monde. Le 78,6 % est la racine carrée de 0,618.
Ces rapports ont une origine mathématique, qui ne dit rien des ordres posés sur un marché. Si les niveaux comptent, c’est parce que beaucoup de traders les regardent et y posent leurs ordres. Cette hypothèse peut se tester.
Comment tracer un retracement
- Le creux, début du mouvement net.
- Le sommet, sa fin.
- Le niveau 38,2 % : le repli efface 38,2 % de la hausse.
- Le niveau 50 %.
- Le niveau 61,8 %.
- La réaction : le repli s’arrête et le prix repart.
Pour le tracer :
- Choisis un mouvement net : une hausse ou une baisse franche, avec un creux et un sommet que tout le monde verrait.
- Tire l’outil du début à la fin du mouvement : du creux au sommet pour une hausse, du sommet au creux pour une baisse. Prends les mèches ou les clôtures, mais toujours la même chose.
- Lis les niveaux : 38,2 % pour un repli léger, 50 % pour un repli moyen, 61,8 % pour un repli profond.
- Regarde ce qui coïncide : un ancien support ou une résistance, un chiffre rond, une ligne de tendance.
Exemple : le prix monte de 100 à 150. Le mouvement fait 50. Le niveau 38,2 % est à 150 − 19,1, soit 130,9 ; le 50 % à 125 ; le 61,8 % à 150 − 30,9, soit 119,1.
Ce que disent 5 ans de Bitcoin
Un repli finit toujours quelque part, et avec trois niveaux sur le graphique, il a de bonnes chances de finir près de l’un d’eux. Pour savoir si ces niveaux comptent, il faut les comparer aux prix d’à côté.
Un programme repère chaque mouvement net, puis chaque réaction pendant le repli qui suit : un nouveau plus bas, suivi d’un rebond d’au moins 1,5 %. Pour chaque réaction, il calcule la part du mouvement déjà effacée. Autour de chaque niveau, il trace une bande de deux points de part et d’autre, par exemple de 59,8 à 63,8 % pour le 61,8 %, et deux bandes voisines de même largeur, juste au-dessus et juste au-dessous. Si le niveau ne compte pas plus que ses voisins, sa bande reçoit environ un tiers des réactions de ces trois bandes.
| Mouvement net d’au moins | Rebond d’au moins | Réactions comptées | Dans la bande du niveau |
|---|---|---|---|
| 8 % | 1,5 % | 578 | 33,2 % |
| 8 % | 2,5 % | 338 | 33,7 % |
| 12 % | 1,5 % | 417 | 34,3 % |
| 12 % | 2,5 % | 260 | 36,2 % |
Méthode : BTC/USDT, bougies de 4 heures, données publiques de Binance, du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2025, soit 10 956 bougies. Mouvement net : une hausse ou une baisse d’au moins 8 % (ou 12 %) sans repli de la même taille, repérée sur les plus hauts et les plus bas. Repli : le mouvement suivant, jusqu’à son extrémité. Le rebond se lit sur les bougies qui suivent le plus bas, pour ne pas deviner l’ordre des prix à l’intérieur d’une bougie. Réactions comptées : celles qui tombent dans l’une des neuf bandes, sur 1 203, 709, 888 et 540 réactions en tout selon le réglage. Sans effet des niveaux, la bande centrale en reçoit 33,3 %. Marge du hasard à 95 % : de 4 à 6 points selon la ligne. Données passées : elles ne préjugent pas de l’avenir.
Les niveaux n’ont pas attiré plus de réactions que leurs voisins. Avec des mouvements de 8 % et des rebonds de 1,5 %, la bande des niveaux a reçu 33,2 % des réactions, pour un tiers attendu. Les quatre réglages restent entre 33,2 et 36,2 %, chaque fois dans la marge. Avec des bandes d’un point au lieu de deux, les parts vont de 29,8 à 34,5 %, toujours dans la marge. Trois niveaux tirés au hasard entre 25 et 75 %, comptés de la même façon, font en moyenne autant.
Pour la fin des replis, je ne peux pas conclure. Le point où le repli s’arrête pour de bon est celui qui compte le plus pour un trader. Il n’y en a que 148 en cinq ans avec des mouvements de 8 %, et 63 avec des mouvements de 12 %. Une fois réduits aux bandes autour des niveaux, il en reste trop peu : la marge dépasse 10 points, et le résultat change de sens d’un réglage à l’autre. Je ne publie pas ces chiffres.
Cette mesure a ses limites. Le programme choisit les mouvements de façon fixe, alors que tu choisis ceux que tu vois, et il ne regarde pas si un niveau tombe sur un ancien support. Le résultat montre seulement que, tracés de façon systématique sur cinq ans de Bitcoin, les niveaux de Fibonacci ne se distinguent pas des prix d’à côté. C’est un indice, pas une règle.
À quoi sert l’outil, alors
Il donne une mesure commune pour décrire un repli. « Le prix a effacé la moitié de la hausse » dit plus que « il a beaucoup baissé ». Un repli qui efface un quart du mouvement laisse la hausse presque intacte ; un repli qui en efface presque tout ne ressemble plus à une pause.
Pour décider, reviens aux repères habituels. Ton stop va derrière le creux du repli, ou derrière le début du mouvement si tu acceptes un risque plus large. Ta cible se pose avant le sommet précédent. Le ratio risque/rendement dit alors si le trade vaut son risque, et la règle des 1 % donne la taille.
Les erreurs fréquentes
- Choisir le mouvement après coup, jusqu’à ce qu’un niveau tombe pile sur le creux. Sur un graphique fini, il y a toujours un mouvement qui « marche ».
- Multiplier les niveaux : 23,6, 38,2, 50, 61,8, 78,6, puis les extensions au-delà de 100 %. Avec sept lignes, le prix en touche presque toujours une.
- Acheter sur le niveau sans stop, en comptant sur le rebond. Un niveau n’arrête rien par lui-même.
- Changer d’extrémités d’une lecture à l’autre : les mèches un jour, les clôtures le lendemain.
- Traiter un niveau comme un prix exact. Même pour qui y croit, c’est une zone, et ton stop doit laisser de la place aux mèches.
T’entraîner à lire un repli
TradaZen ne trace pas de niveaux de Fibonacci. L’unité « Le repli » t’entraîne sur le même moment, le retour du prix dans une tendance : la moyenne 20 sert de repère sur les premières leçons, puis elle disparaît. Pendant la décision, tu peux tracer une ligne horizontale sur un niveau que tu as calculé toi-même, ou sur le creux du repli.
Tu choisis Long, Short, ou « Je reste dehors ». L’app pose le stop et la cible, puis le marché révèle ce qu’il a fait, sur un solde fictif. Pour en savoir plus, lis la page sur les exercices de trading.
Questions fréquentes
Comment tracer un retracement de Fibonacci ?
Repère un mouvement net, avec un creux et un sommet clairs. Tire l’outil du creux au sommet pour une hausse, du sommet au creux pour une baisse. Les niveaux 38,2 %, 50 % et 61,8 % se placent seuls, en partant du sommet.
Pourquoi 61,8 % ?
Parce que le rapport entre deux nombres voisins de la suite de Fibonacci tend vers 0,618, l’inverse du nombre d’or. Le chiffre a une origine mathématique. Rien ne montre que le prix y réagisse plus qu’ailleurs.
Faut-il tracer Fibonacci sur les mèches ou sur les clôtures ?
Les deux se font. Les mèches donnent les extrêmes du mouvement, les clôtures ignorent le pic d’une seule bougie. Choisis une règle et garde-la d’un graphique à l’autre.
Le retracement de Fibonacci fonctionne-t-il ?
Sur cinq ans de Bitcoin en bougies de 4 heures, les réactions du prix n’ont pas été plus nombreuses près des niveaux qu’à côté, sur huit réglages. L’outil reste utile pour décrire la profondeur d’un repli. Pour décider, il te faut un stop, une cible et un ratio.
Quelle différence entre retracement et extension de Fibonacci ?
Le retracement mesure un repli à l’intérieur du mouvement, entre 0 et 100 % de sa hauteur. L’extension prolonge le mouvement au-delà de son sommet, à 127,2 % ou 161,8 %, et sert souvent à poser des cibles. Les deux reposent sur les mêmes rapports.
Mehdi Azizi a créé TradaZen et l’a publiée sur l’App Store avec son studio Devoria. Les scénarios de l’app sont de vrais graphiques passés, jamais des données inventées.
TradaZen est un outil d’entraînement : les parties se jouent sur des données de marché passées, avec un solde fictif. Ce n’est ni un courtier ni un conseil en investissement. Le trading réel comporte un risque de perte en capital.

